L’Inde Nourricière

Préambule

Il y a quatre mois j’arrivais en Inde pour la première fois avec l’objectif de me former dans une école de Rishikesh pour enseigner la méditation, ce que j’ai fait.

Certificat 300 heures formation de professeur de méditation

Au fil de mon séjour, il est devenu clair que ce pays avait lui aussi réussi à me séduire malgré sa nonchalance, sa poussière et cette bruyante circulation avec les camions, autobus, motos, rickshaws, singes, vaches et les chiens qui se mêlent de manière si naturelle à la population de touristes, de babaji (ascètes) et d’indiens. Il est dit que l’Inde est un joli chaos organisé.

Oui l’Inde m’a surprise à l’aimer au point de renoncer à un contrat de trois mois pour enseigner l’anglais à des jeunes du primaire au Vietnam. J’ai eu la clarté de comprendre que la suite de mon chemin était ici, à poursuivre mon apprentissage tout en commençant à enseigner la méditation.

À la fin de mon visa en Inde, je suis partie un mois au Népal, un pays que j’avais visité l’an dernier, qui m’avait (lui aussi) profondément plu transformée, pour y renouveler mon visa pour l’Inde.

Le Népal a solidifié ma volonté d’offrir des séances et des retraites de méditation, dans ce coin-ci du monde et éventuellement au Canada. Des idées et des opportunités semblaient être partout à la fois! L’Univers continue de me dire “Go! Les portes te sont ouvertes!”

L’envie d’écrire me chatouille depuis quelques semaines déjà. Il y a tellement de scènes que j’aimerais vous décrire, tellement d’histoires à raconter, tellement de connaissances sur le pays, la culture, son peuple que je souhaite vous partager. Voilà que j’ouvre cette série sur l’Inde sur le thème avec une balade au coeur des sens et du partage.

Turquoise comme Le Gange

Pont de Ram Jhula – Rishikesh

Ça m’a sauté aux yeux à mon retour en Inde lors d’une balade dans un secteur de Rishikesh appelé Ram Jhula. Ce quartier comporte une ambiance qui stimule tous mes sens. Chaque fois, mon regard est hypnotisé à la vue du turquoise de la Ganga bien froide à cette période-ci de l’année. « Maa » (Mère) Ganga, comme elle est respectueusement appelée, agit comme une mère à me bercer, me calmer et m’offrir sa bénédiction. Autour d’elle, l’environnement devient un petit oasis de paix où le bruit ambiant semble qu’un lointain écho.

Plusieurs légendes et rites entourent ce fleuve sacré. Les Hindous croient que l’eau possède la vertu de purifier celui qui s’y baigne de ses péchés. Un autre rite consiste à répandre les cendres des défunts dans le Gange afin d’aider leurs âmes à se réincarner dans une meilleure vie ou encore mieux, de les libérer du cycle de la réincarnation.

Ce petit oasis de paix est par moment entrecoupé par la venue d’enfants qui viennent me voir, l’un après l’autre, pour me vendre leur petit panier d’offrandes garni de fleurs et de carrés de camphre et d’encens.

Jeunes filles vendant des offrandes au bord du Gange, Rishikesh, Inde
« Dedis » d’offrandes en bordure du Gange

La coutume est d’offrir le panier d’offrandes à la Ganga en le déposant sur l’eau tout en formulant un  voeux. J’aime beaucoup la symbolique et par le fait même donner des sous à ces filles.

D’autres fois, je prends simplement plaisir à discuter avec eux sans rien acheter. Un jour, un jeune garçon est venu me voir. Il était si mécontent que je ne veuille pas lui acheter d’offrandes! Je lui disais gentiment, nahin babou (non avec  un mot affectueux pour un jeune enfant) et il répondait “yes dedi »! (soeur) avec une telle intensité!! Voyant qu’il boudait ensuite, j’ai essayé de le chatouiller… pour ensuite lui dire, ce n’est pas avec cette attitude que tu vas rendre honneur à tes offrandes et charmer les touristes à acheter tes fleurs… Un moment il m’a regardé en me montrant un de ces signes que les jeunes font avec leurs mains: petit doigt à petit doigt, les index, hop la main en arrière de la tête pour revenir en poignée de main! Il est reparti après un certain temps laissant un doux sourire sur mon visage… et sans doute sur le sien aussi.

Orange comme les babajis

Une autre couleur prédominante est le orange délavé des longs morceaux de tissus portés par les babaji, ces hommes religieux au regard profond venus dans la ville sainte de Rishikesh réputée pour être propice à l’éveil spirituel. Nombreux ont été les Saints, Sages, Pèlerins et autres grands hommes spirituels venus y méditer et y  enseigner. Ils sont particulièrement nombreux dans ce secteur de la ville où plusieurs ashrams, centres religieux et temples sont établis. Certains vivent dans ces ashrams où ils passent la majorité de leur temps à méditer, à prier (cérémonie religieuse -puja) et lire les anciens textes sacrés. D’autres vivent dans la rue, dans des abris de toiles construits le long de la route ou dans les boisés.

Près des kiosques de chaï et de nourriture de rue, il est très fréquent de voir des Indiens offrir un thé ou acheter un plat pour un babaji qui s’approche pour mendier.

Près des ashrams de Ram Jhula, Rishikesh, Inde
Près des ashrams de Ram Jhula, Rishikesh

 

Vaches, chiens et population qui cohabite
Vaches, chiens et population qui cohabitent bien ensemble

 

Scènes de rue, Ram Jhula, Rishikesh, Inde
Scène de rue quotidienne, Ram Jhula, Rishikesh

Je vois un Indien acheter des pommes pour les offrir aux vaches qui circulent librement dans la rue, un autre achète des biscuits qu’il dépose par terre pour nourrir quelques chiens errant qui s’approchent gaiement, des enfants offrent leur restant de croustilles à un singe… Quoique les singes attendent rarement d’être nourris, ils viennent la chercher! Pour un témoigner, un singe venu de nulle part est venu attraper mon petit sac de popcorn pendant que j’étais assise à observer ces scènes quotidiennes qui m’enchantent tant!

Le geste d’offrir et de partager est un acte si naturel pour les Indiens. Pour nous, occidentaux, ce geste semble davantage réfléchi et ce genre de situations nous rend parfois inconfortable.

La nourriture

Cette mentalité se reflète aussi dans leur cuisine. La nourriture indienne est faite pour être partagée. Au restaurant et à la maison, les gens commandent ou préparent quelques plats, tels qu’un plat de riz, de paneer, de légumes, le dhal (les lentilles), le yogurt (raïta), le tout est mis au centre de la table pour être partagé. Même quand ils mangent des mets occidentaux au restaurant, comme des pâtes ou un sandwich, je les vois se partager le tout. Je trouve ça frappant comparativement à notre culture occidentale où, de façon générale, nous commandons tous un plat pour soi – ce qui reflète bien notre indépendance et notre individualité.

Chaï! Rishikesh, Inde
Le chaï bien sucré, un incontournable en Inde qui se boit dans le petit échope tout au long de la journée.

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Le samosa, un classique lors d'une balade
Un autre classique: le samosa. Toute la nourriture est emballée dans des journaux qui sont ainsi recyclés.

Le karma

Pour les hindous (et les boudhistes), leurs gestes quotidiens sont guidées par la règle de cause à effet, la loi du karma. Les bonnes actions dans le présent apporteront bonheur dans l’avenir, tandis que les mauvaises actions aujourd’hui apporteront souffrance dans le futur. Offrir de la nourriture aux mendiants, aux hommes religieux, aux animaux est un geste quotidien qui permet d’entretenir un bon karma.

Holy Tree, Laxman Jhula, Rishikesh, Inde
Arbre sacré en bordure de rue

Aarti à Rishikesh

Je vous parlais que tous mes sens étaient stimulés dans ce quartier. La vue du turquoise et de l’orange, l’odeur des samosas en train de frire, la chaleur d’un verre de chaï bien sucré pour me réchauffer et les sons! Au moment du coucher du soleil, vers les 18 heures, une autre énergie se révèle. Le son de cloches, de mantras (prières) et d’instruments de musique signalent le début des pujas (cérémonies religieuses) dans les ashrams et particulièrement le Aarti, le rituel célébré en l’honneur de la Ganga sur le bord de sa rive.

Aarti à Parmath Niketan, Rishikesh, Inde
Aarti en l’honneur de la Déesse Ganga, au ashram Parmath Niketan, Rishikesh

 

Panier d'offrandes pour le Gange, Rishikesh, Inde
Offrandes déposées lors du Aarti à Parmath Niketan, Rishikesh

Au revoir Rishikesh

Le simple fait de me balader dans les rues de Rishikesh à observer ce cycle de la vie qui tourne autour de la nourriture et de l’entraide – sur fond de religion et de spiritualité – m’a offert un apprentissage qui ne s’apprend pas dans les écoles de yoga et de méditation.

Rishikesh m’a enseigné à m’ouvrir un peu plus aux autres, à réserver quelques pommes dans mon sac pour les donner aux vaches dans la rue, à offrir un chaï à un babaji qui croise mon regard; à me sentir plus confortable à donner spontanément avec mon coeur… tout doucement. 

Je quitte Rishikesh avec un certificat attestant que j’ai complété une formation de 300 heures pour enseigner différentes techniques de méditation. Ce papier est une formalité, ce qui l’enrobe vaut autant: le chemin qui m’a conduit jusqu’ici. C’est ce mélange de connaissances, d’expériences de vie et d’intuition que je vais partager dans mes séances de méditation…. dans les prochains jours!

C’est avec un immense bonheur que je vous annonce que je pars vers le Sud de l’Inde, dans la province du Kerala, pour y offrir mes premières séances de méditation dans une auberge où des séances de yoga sont déjà offertes. J’ai si hâte de continuer mon apprentissage cette fois-ci, sous forme de conducteur et de transmetteur de douce énergie qu’est cette nourriture pour l’âme, l’esprit, le corps.

Une fois que vous aurez senti la poussière de l’Inde, vous ne vous en libèrerez jamais.
Rumer Godden, The Peacock spring

Hari Om,

Namaste chers lecteurs.

Au bord de la Ganga, Rishikesh, Inde

 

 

PS: BONUS VIDÉO!

J’ai fait deux vidéo (la première a coupé abruptement sans trop savoir pourquoi) à la veille de mon départ de Rishikesh. Voici les deux clips filmés en bordure de Maa Ganga et sur le toit de l’immeuble où j’habitais:)

Partie 1

Partie 2

 

Bonheur et sérénité,

Nathalie